J’ai remarqué dans les propos de mon entourage féminin une fâcheuse récurrence des “j’aurais dû” – “je n’aurais pas dû”.Je n’aurais pas dû lui envoyer ce message”, “j ‘aurais dû penser à son anniversaire”, “je n’aurais pas dû prendre un dessert”, “j’aurais dû lui dire que je ne voulais pas venir”,etc, etc, etc.  Ouvertement dites ou simplement pensées, ces formules démoralisantes se plaisent à se promener dans notre esprit régulièrement. Résultat : On CULPABILISE. Pour un oui pour un non, pour du sérieux ou du futile, pour le pro ou le perso, même avec nos amies proches parfois.

culpabiliserPourquoi cette tendance – essentiellement féminine me semble-t-il- à la culpabilisation ?  Aurait-on un sens du devoir sur-développé ? Se créerait-on nous-mêmes, à tort ou à raison, des obligations, par souci de plaire, de ne pas décevoir, de bien faire ? Serions-on démesurément perfectionnistes ?

Quoiqu’il en soit, le sentiment de culpabilité est très rarement légitime. Pour la simple et bonne raison qu’on fait rarement les choses dans le but de blesser, décevoir ou déranger. Or, n’est coupable que celui qui fait du mal DÉLIBÉRÉMENT. Tant que tu ne perturbes pas quelqu’un intentionnellement, tu n’es pas coupable et n’as donc aucune raison de culpabiliser. Pourquoi donc nous laisser ronger par la culpabilité quand nous faisons de notre mieux pour bien faire et satisfaire tout le monde ? Si l’autre t’en veut pour une raison ou une autre, tu n’as pas à te culpabiliser pour autant, du moins si tu sais que tu n’as pas voulu décevoir cette personne intentionnellement. On a le droit de se tromper, on a le droit de ne pas être parfaite, on a le droit de ne pas faire exactement ce que les autres attendent de nous.

Le texte ci-dessous extrait dEcoute ton corps de Lise Bourbeau – un de mes livres fétiches -, est une ode à la déculpabilisation ; je te conseille de le lire pour cesser tout de suite les j’aurais dû-pas dû stériles et rongeurs d’énergie. Lise Bourbeau y explique aussi comment, quand on est vraiment coupable d’une mauvaise action, pensée, ou parole, s’abstraire de cette culpabilité douloureuse.  On se sent tellement mieux quand on est en paix avec soi-même …

Lise Bourbeau,Ecoute ton corps

« La culpabilité est une émotion qui gère la vie de plusieurs personnes. Il y a une grande différence entre être coupable et se sentir coupable. L’être humain est le spécialiste par excellence dans l’art de se sentir coupable. Tout le monde se sent coupable sans toutefois l’être vraiment.

Être coupable, c’est savoir que tu fais quelque chose de nuisible envers quelqu’un ou envers soi-même. Regarde à l’intérieur de toi. À quand date la dernière fois où tu as agi de façon consciente dans le but de nuire à quelqu’un ? À quand date ce moment où tu faisais tort à quelqu’un en le sachant intérieurement ? Je suis certaine que ce souvenir te semble très loin. C’est chose courante car très peu de gens sont vraiment coupables.

Accepter sa perfection est un moyen efficace en tout temps pour te libèrer de cette culpabilité. Prenons comme exemple la possibilité que tu aies insulté (sans intention) une personne. Celle-ci s’étant mise en colère te fait sentir coupable : “Mon Dieu je n’aurais peut-être pas dû lui dire, ça aurait été préférable que je dise ceci ou cela.” À cet instant prends le temps de t’arrêter et demande-toi : “Suis-je coupable ou non ? Ai-je parlé à cette personne dans le but de lui faire du mal ? L’ai-je fait intentionnellement et consciemment ?” Non, alors tu n’es pas coupable.

Tu n’as pas à demander pardon ni à te sentir coupable. Si tu persistes à penser de la sorte, tu provoqueras un accident ! Ton corps t’enverra ce message afin de t’avertir que cette attitude de culpabilité ne t’est pas bénéfique. Par contre, si on t’a déjà blessé et que tu comptes te vengeren blessant l’autre à ton tour, tu es coupable car tu agis consciemment. Tu ressentiras d’ailleurs un tiraillement intérieur qui te forcera à te avouer : “oui, je suis coupable. Je m’étais bien promis de me venger”. Alors il devient très important, pour neutraliser ta culpabilité, de demander pardon à la personne concernée; que tu l’aies accusé en paroles ou en pensées. Il en va de même pour toi. Pardonne-toi si tu es coupable envers toi-même.

(…) Pour apprendre à se purifier intérieurement et apprendre à aimer de la vraie façon, il suffit de le faire en entier, c’est-à-dire de se débarrasser de chaque émotion à mesure qu’elle se présente. Quand tu es coupable en pensée, en parole ou en action, il est important de demander pardon. Fais-le pour toi. Ne te préoccupe pas de la réaction de l’autre. Ne te fais pas de souci avant même de l’avoir approché: “Qu’est-ce qu’il va dire? Que va-t-il penser ? Et si je faisais rire de moi ? Et si on m’accusait ?”. Tout ça n’est que ta petite voix qui te vient te troubler ».  

La prochaine fois que tu sens les remords ou regrets de la culpabilité te ronger intérieurement, demande-toi donc si tu es VRAIMENT coupable ou si c’est ton esprit impitoyable qui te joue une nouvelle fois des tours. Apprends à être un peu plus douce à ton égard, essaye-toi à  l’AUTOCOMPASSION, c’est-à-dire à l’indulgence envers toi-même. Cesse de te juger constamment et de coller sur tout des étiquettes « bien » ou « mal » ; considère-toi avec bienveillance ! Alors, on se le fait ce petit moelleux au chocolat – en toute bonne conscience  😉 ?!