- De la préhistoire aux Mérovingiens
- Des Carolingiens à la Révolution
- La transformation des Landes
- Aujourd'hui
De la préhistoire aux mérovingiens
Originellement, le territoire des Landes se présente sous la forme d'une étendue de sable, souvent marécageux, sur laquelle les hommes se sont tout de même implan
tés.Du Paléolithique supérieur nous est parvenu la célèbre Dame de Brassempouy ou Dame à la Capuche, fragment de statuette en ivoire constituant l’une des plus anciennes représentations réalistes du visage humain, découvert dans le village landais de Brassempouy, en Chalosse. Cette période de la Préhistoire est caractérisée par l’arrivée de l’Homo sapiens en Europe. Comprise entre 35 000 et 10 000 ans avant notre ère, elle correspond à la fin de la dernière période glaciaire.
Plusieurs peuplades d’origine Ibérienne occupaient les landes avant la conquête Romaine :
- le pays de Tartas, les Tarusates, dont le nom est d’ailleurs resté aux habitants de Tartas
- le long des territoires du Gers et du Lot-et-Garonne on trouvait une partie des Elusates et des Sotiates.
- Dans la région des grandes landes c'est-à-dire l’Ouest le long de la côte, les Aquitani.
Déjà de vastes forêts couvraient le pays... Elle servaient d’asile aux peuplades locales.
Mais quelques éléments de civilisation pénétrèrent peu à peu :
Les Celtes y portèrent leur culte on trouve sur la route d’Hagetmau à St Sever un peulven, trace de leur passage.
Il est probable que les grecs qui établirent des comptoirs le long de la Garonne et de l’Adour influencèrent aussi les habitants des Landes.
Si peu de ports étaient établis le long des côtes des landes il est quasi certain qu’on en trouvait déjà sur les rives de l’Adour et de la Midouze, Dax et Tartas existaient déjà avec les Tarbellis et les Tarusates.
La position excentrée de ces peuples leur fit subir la domination Romaine sans grande résistance.
On se souvient cependant de la lutte des Sotiates contre Crassus. (Crassus, le jeune lieutenant de Jules César, entreprit la conquête de l'Aquitaine historique en 56 av. J.-C. Celle-ci réapparait au IIIe siècle sous la dénomination de Novempopulanie, ou Aquitaine des neufs peuples. ) Toutefois cela se passait sur le territoire du Lot et Garonne.
Après l’occupation par Rome du sud-ouest de la gaule, commença l’ouverture des célèbres voies romaines, gage du maintien de sa puissance mais aussi d’apport de civilisation. Partout où les légions pénétraient, se construisaient ces voies à travers montagnes, fleuves, sables et forêts. Une voie romaine longeant la côte, reliait Boïos (La-Teste-de-Buch) à Lapurdum (Bayonne).
Les Landais lui donnent le joli nom de Camin Roumiou. On trouve encore restes de la voie qui reliait Lapurdum à Burdigala (Bordeaux), via Dax ; quelques vestiges de camp romain subsistent encore comme celui situé entre Gamarde et Saint Geours d’Auribat.Dans l’arrondissement de Dax à ouest de Soustons, un mamelon artificiel est censé avoir formé l’extrémité d’un camp retranché contre les pirates. On trouve peu de monuments : le temple de Mars d’où vient le nom de Mont-de-Marsan on a découvert en 1736, dans la paroisse de Saint-Michel-de-Jouarare, les restes d'un édifice qui fut, dit-on, un temple de Jupiter (Jovis ara) ; on y a trouvé un grand nombre d'urnes cinéraires, de lacrymatoires, de vases, de lampes, de tronçons d'armes, de pièces de monnaie et de médailles ; ailleurs, des tombeaux, des autels votifs. Néanmoins, on peut dire que les monuments romains sont rares dans le département.
Au début comprises par les romains dans l’Aquitani, les Landes firent partie de la Novempopulanie lors du partage de la Gaule en 17 provinces.
On observe que le christianisme y fit son apparition au troisième siècle.
En l’an 406 commença une succession d’invasions :
-les barbares qui s’enfoncèrent en Espagne après avoir traversé la Gaule effleurèrent les landes.
-Ensuite ce furent les Wisigoths (arrivés de Provence et d'Italie en 412-413. En 418, un traité instaure le statut de fédéré (fœdus) des Wisigoths dans l'Empire romain, les installant en Aquitaine. ) qui dominèrent cette région jusqu’à ce que la bataille de Vouillé amène la mainmise des Francs.
-Fort éloignés de leurs bases ils y furent remplacés fin du sixième siècle, suite à l’invasion des Vascons ou Gascons, montagnards qui, remontant par la vallée de l’Adour, finirent par occuper toute l’Aquitaine à partir des Landes. Depuis ce temps elles furent propriétés des Ducs de Gascogne, souvent à travers de seigneurs, leurs vassaux.
C’est à la fin de l’ère Mérovingienne, en 732, que Charles Martel mis fin à la terrible invasion des arabes.
Des Carolingiens à la Révolution
L’empire Carolingien enveloppa les Landes, comme toutes les autres Parties de la Gaule, dans ses frontières. A l’instauration du régime féodal, le principal fief des Landes fut la vicomté d’Albret. Le premier vicomte, au XIème siècle, se nommait Amanieu. Ce nom se transmit longtemps dans la lignée.
La fondation de Mont-de-Marsan date de 1133. Elle s'organise autour du castelnau établi par Pierre de Lobaner, vicomte du Marsan, du Tursan et du Gabardan.
(Suite au mariage d'Aliénor d'Aquitaine avec Henri Plantagenêt, devenu Henri II d'Angleterre en 1154, les Landes, constitutives du duché d'Aquitaine, passent sous domination anglaise pendant près de trois siècles. La population trouve refuge derrière les murailles des cités durant les troubles de la guerre de Cent Ans, pendant que s'élevaient des bastides dans les environs. Mont-de-Marsan chasse les anglais en 1441.) Longtemps donc,les rois Anglais dominèrent, non sans mécontenter certains seigneurs, notamment les d’Albret qui abandonnèrent le titre de vicomte pour celui de sire.
Peu à peu, l’Albret intégra la plus grande partie du département actuel des landes tout en s’étendant peu à peu vers les départements voisins.
C’est en 1401 que Charles 1er s’attacha à la cour de France comme le firent les Armagnacs. Ceci lui permit de devenir connétable de France. Malheureusement ce fut lui qui perdit la bataille d’Azincourt en même temps que la vie.
Charles II, son fils, en tant que proche parent des Armagnacs les suivit dans les guerres du 15e siècle. Il eut trois fils : l’aîné lui succéda, le second fut décapité, quant au troisième il forma la branche des seigneurs de Miossens et de Pons, laquelle s’éteignit en 1676, ses bien passant dans une branche de la Lorraine-Armagnac.
Jean, petit-fils de son fils aîné, épousa Catherine de Foix sœur de Gaston Phoebus (et son héritière) et devint roi de Navarre en 1494. On le dépouille d’une partie de ses nouveaux états, mais la famille se releva d’une part par l’élévation de l’Albret en duché-pairie grâce à François 1er (beau-frère d’Henri d’ Albret), puis par le mariage de Jeanne, fille d’Henri, avec Antoine de Bourbon.
Ils furent les parents d’Henri IV qui réunit tous ces domaines à la couronne de France.
Louis XIV accorda à la maison de Bouillon la pairie d’Albret en 1652.
Les luttes religieuses du 16e siècle prirent rapidement la suite de la guerre de 100 ans.
En 1550 est constitué le duché d'Albret par et pour le roi de Navarre Henri II d'Albret, à titre personnel. Sa fille Jeanne d'Albret lui succède en 1556 et se convertit au protestantisme en 1560. Par l’ordonnance du 19 juillet 1561, elle impose le calvinisme dans son royaume, entraînant d'âpres luttes dans les Landes entre Catholiques et Huguenots.
En 1569, les troupes de Montgomery dévastent les édifices catholiques (abbaye de Saint-Sever, église Sainte-Quitterie d'Aire). Les catholiques étaient dirigés par Montluc.
L'avènement en 1589 du fils de Jeanne d'Albret, Henri IV au trône France fait entrer différents pays landais dans le domaine royal. La signature de l'édit de Nantes en 1598 apaise les tensions liées aux guerres de religion.
Et depuis, sauf pendant un court moment sous la Fronde, l’histoire des Landes est la même que celle de la France.
Pendant la domination anglaise, les landes dépendaient du grand sénéchal qui présidait à Bordeaux la cour du roi, les villes administrant elle-même finances, police intérieure, milice particulière, et même dans plusieurs cas la justice civile criminelle. Ces privilèges, acceptés d’abord par les rois de France furent peu à peu supprimés puis administrés par les officiers du roi, commissaires très nombreux. Henri II en 1551 prit la décision de regrouper ces attributions dans les mains des commissaires départis qui devinrent sous Louis XIII intendants du ministère, de la justice et de la police.
Ils étaient chargés de la répartition de l’impôt, de la culture des terres, de la prospérité du commerce, de l’entretien des chemins, de la réparation des édifices publics, de l’emploi des revenus des villes et des communautés, de la distribution de troupes dans la province, de l’approvisionnement des magasins du roi, et de la levée des milices. C’est eux qui envoyaient au ministère tous les renseignements sur l’état de la province.
Les départements sont créés le 4 mars 1790 par l'Assemblée constituante afin de remplacer les provinces de France. Le département des Landes est créé à cette époque, à partir de deux ensembles hétérogènes, situés de part et d'autre de l'Adour:
- Les Landes départementales qui se composent :
De la Haute Lande (ou Grande Lande) dans laquelle on distingue :
- l'Albret au Nord (Labrit)
- le Brassenx entre Maremne et Marsan (Arjuzanx, Arengosse, Morcenx)
Des Petites Landes pays de transition entre la Haute-Lande et l'Armagnac, dont une partie est incluse dans le département. On y distingue :
- le Pays de Marsan (cours de la Midouze)
- le Gabardan plus à l'est.
Du pays de Born (de Lévignacq à Sanguinet)
Du Marensin (de Soustons à Linxe)
Du Maremne (des marais d'Orx à Seignosse)
N.B. la baronnie de Capbreton & Labenne s'en distinguait notamment par les règles d'héritage : égalité stricte comme en Marensin alors que la Maremne était de droit pyrénéen : aînesse absolue (sans distinction de sexe).
- Les Pays de l'Adour qui se composent :
Du pays de Seignanx (entre Maremne et pays de Gosse)
Du pays de Gosse (entre Seignanx et Adour, face à Urt)
Du pays d'Orthe (région de Peyrehorade au Sud-ouest de la Chalosse)
De la Chalosse (vaste région entre l'Adour, le Gabas et le Béarn, incluant l'Aguais et l'Auribat)
Du Tursan (ou Airais), région viticole entre Gabas et Adour, au Sud d'Aire-sur-l'Adour
Ces pays sont inclus au département des Landes, bien qu'ils ne soient pas dans les Landes de Gascogne, mais naturellement tournés vers le Béarn et le Pays basque.
La transformation des Landes
Le redécoupage du territoire national décidé par l'Assemblée Constituante en 1790 répondait à un double objectif : rationaliser le maillage territorial et casser le système de loyauté de l'Ancien Régime.
Les Landes ont la réputation d'être un milieu hostile. La vie s'organise dans la Haute-Lande autour d'un maigre système agro-pastoral.
Au 19e siècle l’aspect de la plus grande partie du département des landes côté mer et Garonne, est essentiellement constitué de dunes stériles, envahissantes quand le vent est à l’Ouest, vent dominant. Dunes traîtresses pour les voyageurs qui s’écarteraient du chemin et risqueraient de glisser dans les blouses, lac dont les eaux se cachent perfidement sous le sable.
Par contraste, la Chalosse, les vallées de l’Adour et de la Midouze ainsi que toutes les zones qui bordent les Pyrénées sont elles, très fertiles, et c’est avec bonheur qu’on me elle traverse leurs coteaux verdoyants.
Nicolas Brémontier, ingénieur en chef des ponts et chaussées, appliqua, parmi
les premiers en France, la fixation des dunes de sables mouvants qui envahissaient le pays situé sur le golfe de Gascogne, entre la Gironde et l'Adour, les Landes de Gascogne (1786), par des plantations de pins maritimes .Faisant suite aux travaux des Captaux de Buch commencés au sud du bassin d'Arcachon, et aux études du baron Charlevoix de Villiers. Depuis, le littoral s’est partout couvert de belles plantations dont l’humidité accentue le développement.
L’État français prendra en charge l’édification d’un cordon littoral stabilisé durant le XIXe siècle : en 1876 , 88000 ha ont été fixés.
Durant le XXe siècle, l’Office national des forêts assurera la gestion et l’entretien de ces dunes.
La loi du 19 juin 1857, également appelée loi d'assainissement et de mise en culture des Landes de Gascogne, va encourager le drainage, la plantation de pins, le développement de l'économie sylvicole, tout en condamnant, en l'espace d'une génération, le système agro-pastoral. Cette profonde mutation socio-économique ne se fera pas sans heurts. Les gemmeurs vont ainsi peu à peu remplacer les bergers landais...
Cela marque le début d’une période de profondes modifications du paysage et des mœurs dans les Landes, avec l’extension de la forêt.
Au début du XXe siècle, la fixation des dunes est considérée comme achevée, et le budget alloué au littoral est considérablement réduit. L’État, qui avait acquis une très grande majorité des terrains sur lesquels les semis avaient été faits, se dessaisit de 17 000 hectares entre 1861 et 1865, afin de rentrer dans les frais engagés pour les travaux de boisement. Le système mis en place par Goury ayant remporté un grand succès, on considère qu’il peut perdurer indéfiniment.
En 1914, le cordon littoral est complètement laissé à l’abandon et l’État continue à rétrocéder aux commu
nes les terrains de bord de mer. Ces dernières en ont alors profité pour créer des « fenêtres océanes » : les stations balnéaires du Born et du Marensin ayant « pignon sur mer ». C’est de cette époque que proviennent les binômes : Biscarrosse/Biscarrosse Plage, Mimizan/Mimizan Plage etc.
A la veille de la Seconde Guerre mondiale, l’État n’était plus propriétaire que de 36 % des forêts dunaires. Il a cependant conservé les dunes non boisées du bord de mer.
A partir de 1958, les Eaux et Forêts ont entrepris un vaste programme de réhabilitation qui avait pour but de reconstituer l’ensemble des dunes blanches appartenant à l’État. Les dunes ont alors été reprofilées par des bulldozers.
De nos jours, l’ONF a abandonné les moyens mécaniques sur les dunes (sauf pour des travaux ponctuels), la dimension environnementale ayant pris le dessus et on est revenu à des systèmes de protection par palissades, dépôt de branchage et plantations d’oyats.
Aujourd'hui
Les principaux atouts économiques du département sont aujourd'hui :
- la sylviculture.
- l'agriculture : le maïs principalement.
- l'agro-alimentaire : présence de groupes tels que Labeyrie, Delpeyrat. Le département produit du foie-gras, confit, magrets, asperges, kiwis, poulets labellisés, vins. (Vins de pays de terroirs landais, vins de Tursan) etc.
- l'armée : à Dax, Biscarrosse, Mont-de-Marsan
- l'administration
- le tourisme prend son impulsion dès 1905, avec la création du concept de Côte d'Argent.









