Parfois il faut aller très loin dans la souffrance pour avoir des révélations lumineuses. Quiconque a fait une dépression te dira que c’est à travers elle qu’il a appris à voir la vie d’un nouvel oeil. Toi-même si tu regardes derrière toi, n’as-tu pas l’impression que c’est dans les moments difficiles que tu as le plus appris sur toi et enrichi ta façon de voir les choses? Je ne cherche pas à faire l’apologie de la souffrance, si on peut l’éviter un maximum tant mieux, mais il faut reconnaître qu’elle peut être très constructive. La plupart des penseurs sont eux-mêmes passés par des dépressions très profondes avant de s’éveiller à un nouveau regard sur le monde.

Katie Byron avait 30 ans quand une dépression sévère lui est tombée dessus. Pendant 10 ans, son cas s’est aggravé et elle a passé presque deux ans quasiment incapable de quitter son lit, hantée par des idées suicidaires. Puis un matin, elle a eu une révèlation : Elle a réalisé que quand elle croyait qu’une chose devait être différente de ce qu’elle était (par exemple : “mon mari devrait m’aimer davantage”), elle souffrait, alors que quand elle ne croyait pas ces pensées, elle était en paix.  Finalement, ce qui avait causé sa dépression n’était pas le monde autour d’elle mais bien ce qu’elle croyait concernant ce monde autour d’elle.  Elle se dit alors qu’elle n’avait pas l’attitude appropriée pour avoir accès au bonheur : Au lieu de chercher désespérément à changer le monde pour qu’il corresponde à ses pensées sur “ce qu’il devrait être”, elle devait plutôt questionner ces pensées et  apprendre à accepter de rencontrer la réalité telle qu’elle est. En appliquant cette nouvelle philosophie, elle sentit une profonde libération. Sa dépression laissa place à une grande paix intérieure et une certaine joie.

De cette expérience, Katie Byron a tiré une méthode pour apprendre à voir les choses avec plus de clairvoyance et de sérénité. Il s’agit d’une démarche simple basée sur 4 questions. Cette méthode s’appelle “le Travail”, elle est présentée dans le livre de Katie Byron intitulé Aimer ce qui est, un best seller aux Etats-Unis et désormais dans le monde.

La Philosophie de Katie Byron

La clé de sa philosophie est dans le titre du livre : AIMER CE QUI EST. Non pas parce que je suis une personne spirituelle, mais parce que cela fait mal quand je conteste la réalité. Nous pouvons savoir que la réalité est bonne telle qu’elle est parce que, lorsque nous la contestons, nous faisons l’expérience de la tension et de la frustration. Nous ne nous sentons alors ni en paix ni équilibrés. Lorsque nous cessons de contester la réalité, l’action devient simple, fluide, bienveillante et sans peur. Personne ne veut que ses enfants soient malades, personne ne souhaite un accident de voiture ; mais lorsque cela arrive, comment s’y opposer mentalement peut-il aider ?  Au contraire, résister à ce qui arrive n’est que source de souffrance et d’épuisement.

 Le conseil de Katie Byron : “Rester dans ses propres affaires”