Faire ce que je veux, quand je veux, avec qui je veux, où je veux. Ça te parle comme définition de la liberté? Pourtant, j’en connais qui font plus ou moins ce qu’ils veulent quand, où et avec qui bon leur semble, et qui ne sont pas pour autant libres. Soit ils semblent esclaves de leurs envies, perpétuellement insatisfaits, soit constamment dépendants du regard des autres, soit effrayés par l’idée qu’on profite d’eux ou par celle de perdre ce qu’ils ont… Est-ce être libre que d’être en proie à autant de peurs et de dépendances ?!

Être vraiment libre, c’est être vraiment Soi, indépendamment du regard des autres, des croyances établies, des conditionnements de l’éducation ou de la société. C’est être détaché des peurs liées à notre histoire, des dépendances en tout genre, des émotions dévastatrices. Même avec tous les euros du monde, ce n’est donc pas gagné d’accéder à la pleine Liberté intérieure et inconditionnelle. C’est la quête d’une vie, et le fruit de gros efforts sur soi.

Dans son roman philosophique L’Âme du monde, Frédéric Lenoir évoque la prison intérieure dont nous sommes souvent geôliers, et donne une piste intéressante pour s’en échapper.

« Tout homme aspire à être libre et c’est là une belle et grande ambition , car que vaut la vie d’un prisonnier ou d’un esclave ? Il existe toutefois de nombreuses formes de prison ou de servitude. La plus subtile et la plus pernicieuse, celle que bien peu d’hommes considèrent et dénoncent, c’est la prison intérieure de l’homme esclave de lui-même. Est-il libre l’homme qui devient nerveux, angoissé, irrité, parce qu’il n’a pas pu fumer sa cigarette ? Est-il libre l’homme qui ne peut s’empêcher de suivre ses pulsions sexuelles ? Est-il libre l’homme qui s’adonne au jeu et y perd tous ses biens ? Est-il libre l’homme qui passe plusieurs heures par jour devant son écran sans pouvoir décrocher ? Est-il libre l’homme qui se laisse emporter par une violente crise de jalousie, allant jusqu’à frapper sa femme ? Est-il libre l’homme qui est tellement angoissé qu’il ne pourra parler en public, ou celui qui ne pourra rester dans une pièce où il a vu une araignée ? 

Nous sommes tous plus ou moins prisonniers de nos peurs, de nos pulsions, de notre caractère, de nos habitudes, de nos émotions. La plupart de nos actions et de nos choix sont mus par ces tendances qui nous dominent. Esclaves de nous-mêmes, nous sommes les seuls à pouvoir nous libèrer de cette prison intérieure ».

La question est : Comment donc s’autolibèrer de cette prison qu’on se construit nous-mêmes ? Comment par exemple éradiquer les peurs qui nous hantent depuis toujours ? Frédéric Lenoir fait écho au fameux  “Connais toi toi-même” de Socrates : La connaissance de soi serait une des clés de la libération intérieure :

« Le début de la libération passe par la connaissance de soi. C’est par une introspection, une fine observation de notre comportement, de nos réactions, de l’affleurement de nos émotions, que nous parvenons progressivement à nous connaître et à comprendre les causes profondes de nos actions. Travailler sur nous-mêmes, corriger nos réactions, modifier nos réflexes spontanés ou nos mauvaises habitudes demande effort et volonté. Mais c’est le prix à payer pour gagner notre liberté intérieure. Car l’homme qui ne se connaît pas est comme un aveugle. Il marche sans assurance et risque à tout instant de heurter un obstacle ou de s’égarer. C’est pourquoi le commencement de la sagesse, c’est de tourner son regard vers soi-même et d’apprendre qui nous sommes, quels sont nos motivations, nos besoins, nos réactions, nos attirances et nos répulsions, nos habitudes, nos addictions, nos émotions les plus fortes et quelles en sont les causes. Comme le disait un ancien maître de la sagesse : “On ne naît pas libre, on le devient.”

(…) Se connaître soi-même permet d’apprendre à se maîtriser. Car à quoi sert à l’homme de dominer le monde s’il ne sait être maître de lui-même ? La maîtrise de soi exige à la fois connaissance et volonté. Une fois l’obstacle intérieur reconnu, le moyen le plus simple pour se transformer consiste à poser un acte significatif. Prenons l’exemple d’un homme qui a peur du noir. Il a compris que cette peur remonte à la petite enfance, quand on le laissait seul dans sa chambre la nuit et que ses parents étaient hors de portée de sa voix. La prise de conscience de son handicap l’aidera à progresser mais la guérison viendra de ses efforts pour vaincre sa peur. Ainsi commencera-t-il par rester un bref instant dans le noir total, puis il restera chaque jour quelques minutes de plus jusqu’à ce son ancienne peur le fasse rire et qu’il en soit débarrassé.  C’est en posant des actes positifs que, bien souvent, on arrive à changer(…). Des techniques thérapeutiques comme des groupes de parole aident à se débarrasser de peurs ou de mauvaises habitudes. Mais à la base il faut vouloir changer. Or certains hommes se complaisent dans leur prison intérieure. Ils ont peur de la liberté et ne prennent jamais les moyens de se transformer. Ils se sont habitués à vivre ainsi, derrière les barreaux de leur psyché, et le monde extérieur leur fait peur”.       

En résumé, si tu aspires à te libèrer pleinement, commence par regarder à l’intérieur de toi, à voir ce qui te limite, te fait peur, te tourmente, ce que tu fais sans forcément vraiment le vouloir. Observe-toi avec bienveillance, mais sans complaisance. Découvre ce qui t’empêche d’être sereinement toi.

Une fois que tu as identifié tes freins intérieurs, PASSE À L’ACTION ! Essaye de trouver les actes positifs qui pourraient te faire avancer. Ça peut être des actes très simples, comme prendre l’initiative de demander de temps en temps ton chemin à quelqu’un si tu es bloquée par la timidité, éteindre ton téléphone plusieurs heures d’affilé si là est ta dépendance, ou te réserver un vrai moment solitaire si la solitude t‘effraie. Fais face à tes limites, ne te laisse pas guider par elles. Mon conseil, c’est de tracer deux colonnes dans ton carnet : une pour ranger tes peurs, tes blocages, tes limites ; l’autre pour proposer un acte positif invitant à les dépasser.  Ecrire t’aidera à entrer en action. Va de petite victoire en petite victoire, jusqu’à ce que ces petits actes ne te demandent plus aucun effort et deviennent presque une habitude voire un plaisir.

On ne naît peut-être pas libre, mais on est libre de le devenir. C’est avant tout une question de VOLONTÉ. Beaucoup n’ont pas envie de changer leurs habitudes, de se remettre en question, de faire des efforts, et renoncent avant même d’avoir essayé. Pourtant, c’est incroyable comme briser ses propres chaînes peut être une occasion de Joie, d’épanouissement, de redécouverte de Soi.

Ose le chemin de la libération, tu ne le regretteras pas.