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"C'est presque tout que de savoir lire." [Alain]

Billet d’humeur

Un anniversaire

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Billet d’humeur



Quand je pense à tous les livres qu’il me reste à lire, j’ai la certitude d’être encore heureux.
(Jules Renard, extrait de son journal)

Ils semblent tellement aller de soi, ces mots de Jules Renard…Prétendre qu’un livre peut rendre heureux, quoi de plus naturel, commun, même ? Mais quoi de plus étrange aussi…
Le bonheur, en quelques pages, à peu de frais, sans cesse recommencé, à la portée de tous : cela paraît presque trop simple, si loin du bonheur de consommation acheté à grand prix, rejeté et remplacé si vite par nos sociétés frénétiques…
Etrange aussi de parler de livre alors que son temps semble révolu –et l’effarante multiplication des publications chaque année, ne leurrera personne-, la communication semblant préférer aujourd’hui l’informatique au papier. Cette page elle-même n’illustre t’elle pas l’extraordinaire confusion dans laquelle nous baignons : prôner le livre…sur un site web !!! Mais chacun aura vite fait de s’y retrouver. L’outil ne peut que servir l’objet, et internet, le livre…servir et pas remplacer :

Le livre, sa réalité unique, concrète, sensuelle.

La promesse jamais épuisée de plaisir, d’émotions.

Et cela, Jules Renard le savait bien !

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UN ANNIVERSAIRE


Votée dans la tourmente il y a 25 ans, la loi Lang fixant le prix unique du livre a contribué à préserver les secteurs de l'édition et de la librairie en France et fait désormais l'objet d'un large consensus dans le monde du livre.

"C'est un miracle qu'on puisse avoir une loi qui protège le livre, l'édition, la librairie, qui évite de dévaloriser le produit", se félicite Serge Eyrolles, le président du Syndicat national de l'édition (SNE).

En 1981, le prix unique avait pourtant plus d'adversaires que de partisans.
Le livre était alors soumis au régime du "prix conseillé", puis du "prix net", mis en place par le gouvernement de Raymond Barre. Les libraires avaient toute liberté de fixer le prix de vente des livres et pouvaient, notamment les grandes surfaces, pratiquer d'importants rabais sur les livres à succès.
Le risque était de voir disparaître les revenus des plus grosses ventes du réseau des petites librairies privées.
Durant l'été 1981, le projet de loi sur le prix unique, pour assurer "l'égalité des citoyens devant le livre", sera l'un des premiers textes soumis au Parlement après l'élection de François Mitterrand à l'Elysée.
La presse, les grandes surfaces comme les sociétés de consommateurs sont alors majoritairement hostiles.
Contre toute attente, le texte défendu par Jack Lang, nouveau ministre de la Culture, est pourtant adopté à l'unanimité et promulgué le 10 août 1981:
Chaque livre a un prix fixé par l'éditeur ou l'importateur et ce prix s'impose à tous les détaillants. Ces derniers peuvent toutefois pratiquer une remise de 5%.

Vingt-cinq ans plus tard, les éditeurs soutiennent massivement ce dispositif. "Ils sont unanimes. Il n'y a pas photo", souligne Serge Eyrolles, dont l'organisation regroupe quelque 400 maisons d'édition.
Les éditeurs opposent la résistance du secteur du livre à la confusion sur le marché de la musique, faute de prix unique du disque.
Prudent, le président du SNE préfère s'en tenir au système en place. << Si on commence à décortiquer la loi, on va tout remettre en cause. On a toujours la crainte que cette "exception culturelle" soit battue en brèche un jour >>, souligne-t-il.
Une crainte que ne partage pas le Syndicat de la librairie française (SLF). Né du regroupement des défenseurs du prix unique, le SLF (550 adhérents) réclame une meilleure prise en compte des difficultés des libraires : augmentation des loyers en centre ville, des frais de transports, concurrence de la vente en ligne...

"La loi a sauvé le réseau mais ce n'est pas le but, sinon ce serait une ligne Maginot contre la concentration", souligne Benoît Bougerol, le président du SLF, qui rappelle que la loi prévoit, non pas de supprimer la concurrence sur le marché du livre, mais de la faire porter "sur le conseil, le service, la qualité de l'offre et non sur les prix".
"Il faut desserrer l'étau, nous donner de l'oxygène", affirme-t-il. Le syndicat de libraires propose soit une renégociation des accords interprofessionnels avec les éditeurs pour une meilleure prise en compte de la qualité du service des librairies, soit la suppression de la remise de 5%.
Les adversaires traditionnels du prix unique du livre n'ont pas renoncé pour autant et le SLF doit régulièrement engager des actions en justice contre des hypermarchés ou grandes surfaces qui tentent de contourner la loi.


Source :l’internaute

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