Difficile à évoquer, l’incontinence concerne pourtant plus de trois millions de personnes en France. Tabou oblige, sa prise en charge reste insuffisante bien que des solutions existent.

La ménopause favorise-t-telle l’apparition de l’incontinence ?

La ménopause est caractérisée par une diminution de la sécrétion hormonale qui peut avoir un impact sur l’incontinence par hyperactivité vésicale. A noter que la prise de poids, fréquente après la ménopause, exerce une pression supplémentaire sur les muscles abdominaux et pelviens qui contrôlent la fermeture de l’urètre. Mais plus généralement, c’est l’âge qui est en cause car il induit un vieillissement des tissus : les muscles abdominaux et ceux du plancher pelvien perdent de leur élasticité. On considère que 25 % des femmes de 60 à 69 ans souffrent d’incontinence et 32 % de celles de plus de 80 ans.

La maladie d’Alzheimer peut-elle être responsable d’une incontinence ?

La maladie d’Alzheimer, comme d’autres formes de démence, altère graduellement les tissus cérébraux causant chez le sujet la perte de certaines fonctions ou capacités, et notamment, parfois, celle du contrôle de la vessie et des intestins. Le patient oublie qu’il a envie d’uriner et attend trop longtemps entre deux mictions. Vous pouvez l’habituer à aller aux toilettes à heures fixes, le matin au lever, après chaque repas… si possible toutes les deux ou trois heures. Signaler la porte des toilettes par un large pictogramme constitue aussi un repère facilitant pour le patient.

Comment bien en parler sans heurter l’intimité ?

L’incontinence est souvent difficile à évoquer, pour la personne qui en souffre comme pour les proches qui l’accompagnent. Pourtant, c’est loin d’être un phénomène isolé : une femme sur quatre et un homme sur huit sont concernés à un moment ou un autre de leur vie. Il est important, aussi, de déculpabiliser la personne, et pour ses proches, de bien comprendre que l’incontinence n’est pas volontaire mais qu’elle est imputable à un dysfonctionnement des muscles ou des nerfs. Dès qu’elle est acceptée, l’échange devient plus facile et on peut trouver ensemble des solutions d’une prise en charge pour préserver au mieux la dignité de la personne, le confort et la qualité de vie de chacun.

Ma mère souffre d’incontinence depuis plusieurs semaines ; je ne sais pas quelles protections choisir et s’il existe réellement une différence d’un produit à l’autre ?

Tout dépend de l’état de santé de la personne. Est-elle active ou alitée ? Quel est son degré d’incontinence ? Souffre-t-elle d’une maladie mentale ? Prenez le temps d’en parler avec votre pharmacien : les protections sont multiples et c’est vraiment en choisissant celles les mieux adaptées que le patient va gagner en confort de vie, que vous allez simplifier votre quotidien et rationaliser la consommation des protections. Cependant, il s’agit d’une solution transitoire ou alors de dernier recours, car l’incontinence peut être traitée dans plus de deux cas sur trois.

Quels sont les traitements existants ?

Ils sont nombreux et varient en fonction des causes de l’incontinence. Celle-ci pourra être prise en charge par la rééducation menée par un kinésithérapeute spécialisé. Des traitements médicamenteux peuvent être préconisés pour soigner une hyperactivité vésicale. La chirurgie constitue une troisième voie : les progrès sont considérables, notamment avec le recours aux bandelettes sous-urétrales (de type TVT ou TOT) et la neuromodulation.